Synthèse : État des lieux des ORU

Synthèse : État des lieux des ORU

La totalité des régions de France hexagonale dispose aujourd’hui d’un Observatoire Régional des Urgences (ORU). Pourtant, du fait de l’absence d’un cadre règlementaire, il existe à peu près autant de modèles différents que de régions. Ainsi, afin de disposer d’une vision globale des organisations existantes, la FEDORU a réalisé un état des lieux des différents modèles d’ORU. Ce travail met en évidence une forte hétérogénéité entre les ORU dans leur organisation, leur gouvernance, leurs ressources et leurs missions.

Si la moitié des ORU dispose d’une entité juridique qui leur est propre, pour la seconde moitié ils sont portés par un autre organisme régional (Groupements Régionaux d’Appui au Développement de l’e-Santé – GRADeS, Observatoires Régionaux de la Santé (ORS) et réseaux de médecine d’urgence). D’un point de vue juridique, ils peuvent être constitués en association, en GCS (public ou privé) ou encore en GIP. Ces choix organisationnels relèvent le plus souvent de stratégie régionale ou de l’historique en place.

Concernant leurs missions, les ORU se retrouvent autour d’un socle commun : suivi de la qualité et exploitation des données des structures de médecine d’urgence (notamment les RPU) pour produire de l’information destinée aux acteurs du terrain, aux ARS et aux responsables des établissements, qu’ils assurent toutefois avec des moyens variables d’une région à l’autre.

En amont de l’exploitation, la collecte des données est, dans la majorité des régions, assurée par les GRADeS avec lesquels les ORU partagent souvent la gouvernance du concentrateur. Les modalités de collecte des données diffèrent également d’un territoire à l’autre. Les flux issus des services d’urgence, des SMUR et des SAMU peuvent ainsi varier, allant d’un strict respect des exigences réglementaires à des dispositifs élargis permettant des analyses plus approfondies.

En fonction des besoins des territoires et des priorités régionales, certains ORU se sont vus confiés des missions supplémentaires : analyse des soins non programmés de ville, déclaration et/ou suivi des tensions hospitalières, coordination des filières d’urgence, ou encore le suivi du capacitaire. Par ailleurs, un grand nombre d’ORU assurent l’animation du réseau des urgences de la région ou des territoires.

En regard de cette diversité de missions, les ORU disposent de moyens (ressources humaines, financements, infrastructures SI et outils) très hétérogènes. À titre d’exemple, les équipes varient de 2 ETP à près de 30 ETP, et les budgets peuvent différer dans un rapport de 1 à 5, voire davantage lorsqu’ils assurent des missions complémentaires, telles que la coordination territoriale de la gestion des lits.

Dans ce contexte, la définition pour les ORU d’un socle commun de missions, tenant compte des nouveaux besoins des régions, apparaît aujourd’hui nécessaire afin de garantir une réponse homogène tout en préservant les capacités d’adaptation aux spécificités régionales.